Claire Schapira L'Ombre de Cassandre
L'Opéra met en scène 8 personnages et un chœur
; Le personnage principal est Cassandre Les personnages : Cassandre Le chœur : Un grand chœur [ au minimum un chœur de chambre : 2.2.2.2.2.2 ] L'orchestre : 1 pno, 1 clav. sonorisé, 4 perc., cordes : 6.6.10.8.6 [ au minimum un orchestre de chambre (2.2.2.2.2) (le clavecin : un modèle ancien à 2
claviers,
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Claire Schapira L'Ombre de Cassandre
Ainsi, son ombre resurgit-elle toujours là où l'humanité est en proie à ses propres déchirements ; là où des hommes croient devoir justifier de leur identité en niant, voire en supprimant, celle des autres ; là où une communauté, déchirée, violente, est saisie de surdité, de cécité, et se montre aussi destructrice qu'autodestructrice. L'Ombre de Cassandre, c'est aussi celle de la femme, qui est généralement la première à souffrir de ces brusques accès de folie meurtrière ; de la mère qui hurle sa protestation contre ces atteintes à son rôle irremplaçable de procréatrice de l'humanité ; c'est aussi l'ombre symbolique annonçant et dénonçant le martyre des innocents… Ainsi, cet opéra, L'Ombre de Cassandre, empruntant symboliquement le temps et l'espace d'une période du siège de Troie, se veut en fait le théâtre intemporel de l'opression guerrière, le chant de l'humanité souffrante, l'alerte une fois encore lancée d'une nouvelle montée des périls, l'écho du fracas des armes et des innocents… Derrière l'ombre de Cassandre, se profile aussi l'ombre d'un dieu, commandeur obscur et cruel, à moins qu'il ne soit qu'un phantasme de l'Humanité, intedite ou apeurée, qui s'interroge encore sur sa raison d'être…
[Claire Schapira ]
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Claire Schapira L'Ombre de Cassandre
Cassandre (mezzo-soprano) Fille de Priam, prophétesse d'un avenir désastreux, mais que personne ne veut croire. Elle dénonce cette surdité, s'insurge contre l'orgueil aveugle et dévastateur des rois et des princes, voir leur folie meurtrière, tout en fustigeant l'inconstance des Dieux. Elle est également la voix du non-dit collectif. C'est une jeune femme oscillant constamment entre la souffrance et la révolte. Priam (baryton-basse) Roi assiégé depuis dix ans, défendant sa cité prestigieuse. C'est un vieux souverain, très riche, confiant dans son clan et sa puissance, mais trop sûr de lui. Il redoute, voire méprise les oracles de Cassandre. Hécube (contralto) La Reine, ballottée par les événements et trop confiante dans les talents de défenseur de son époux. Elle finit par pressentir la catastrophe imminente. Astyanax (soprano léger ou voix d'enfant) Jeune petit-fils de Priam. Il périra violemment à la fin du siège, faute d'avoir été mis à l'abri par sa famille. C'est l'une des deux voix de l'innocence sacrifiée. Agamemnon (baryton) Exemple même de la férocité et de la folie du pouvoir. C'est l'envahisseur. À la tête d'une coalition, il assiège la cité pour s'accaparer les richesses qu'elle abrite, anéantir le clan adverse, élargir son empire. Il va jusqu'à ourdir une machination et sacrifier sa propre fille, Iphigénie, pour favoriser son expédition. Clytemnestre (contralto) Épouse d'Agamemnon, mère d'Iphigénie. Elle a attendu patiemment le retour du vainqueur pour lui faire payer le meurtre de sa fille. C'est à la fois la mère outragée, la reine manipulatrice et vengeresse, mais aussi l'instrument de la perpétuation du crime au cœur du pouvoir. Iphigénie (soprano léger ou voix d'enfant) Fille aînée d'Agamemnon et de Clytemnestre. Jeune femme, elle sera sacrifiée par traîtrise sur l'autel de la conquête. Elle personnifie, elle aussi, l'innocence trahie et persécutée. Électre (soprano) Seconde fille d'Agamemnon et de Clytemnestre. Après le départ en guerre de son père, elle est mise à l'écart par sa mère qui ne pense qu'à venger l'assassinat d'Iphigénie. Elle idéalise ce père absent, assiste à son retour triomphal. Pressentant l'imminence de la vengeance irrésistible de sa mère, elle ne lui pardonnera pas, et prendra à son tour le relais de la perpétuation du crime.
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Claire Schapira L'Ombre de Cassandre
Le premier acte se déroule à la fin du long siège d'une cité prestigieuse, ni nommée, ni localisée. Mais les noms des protagonistes, de manière symbolique, sont repris de l'histoire mythologique du siège de Troie. Au premier tableau, Cassandre, princesse royale et prophétesse, maudit le dieu protecteur de la cité qui lui a donné le don de voir l'avenir, notamment la fin tragique du siège, sans pour autant être crédible aux yeux de tous. Elle souffre horriblement de ses visions et de son impuissance à modifier le cours des choses. Le chœur lui rappelle à la fois son devoir de soutien de son clan, et la folie guerrière des hommes. Il tente d'absoudre les dieux. Le second tableau voit l'intervention d'Hécube, reine et mère de Cassandre. Elle est bouleversée par la souffrance et la dérive psychique de sa fille, mais ne veut pas croire à la chute prochaine de la cité. Le fantôme de Clytemnestre intervient pour rappeler le crime contre sa propre fille, Iphigénie, et suggérer la mort prochaine d'Agamemnon. Au troisième tableau, Priam, roi illustre défendant sa cité assiégée, tente de minimiser la portée des visions de sa fille. Mais devant l'insistance de Cassandre à vouloir le convaincre d'une fin violente certaine et à lui suggérer de négocier la paix, il se braque, tente de faire passer sa fille pour folle, l'accuse de démoraliser tout le monde, et la quitte en refusant de l'entendre plus avant. Le chœur se range néanmoins du côté de la prophétesse et fustige l'aveuglement et la surdité de Priam —et plus largement des rois—, des princes et des militaires qui gouvernent. Il annonce lui-même le chaos, c'est-à-dire l'envahissement de la cité par les assaillants. Ce premier acte s'achève par les interventions entremêlées du chœur et des principaux protagonistes qui se débattent au milieu d'un magma sonore suggérant la violence de l'effondrement de la cité : viols, meurtres, pillages, destructions massives, profanation, déportation des esclaves, etc. Le second acte se déroule à l'occasion de l'accueil d'Agamemnon, chef victorieux, dans sa cité. La ville est en liesse, mais Clytemnestre, son épouse qui régnait en son absence, est déterminée à l'assassiner. Le premier tableau voit un dialogue s'engager entre Clytemnestre et Cassandre. Cette derniière, devenue l'esclave d'Agamemnon, n'en garde pas moins ses visions sur l'avenir. Elle tente de convaincre Clytemnestre de ne pas mettre en œuvre son projet d'assassinat, ceci pour arrêter la perpétuation des crimes du pouvoir qui sont sources de guerres ruinant les royaumes, affamant et exterminant les populations. Sa démarche restera vaine. Dans le deuxième tableau s'entremêlent le chœur des vaincus et des exilés et celui des vainqueurs. Mais Cassandre trouble ce fragile dialogue en intervenant publiquement auprès des vainqueurs pour les mettre en garde contre l'imminence d'un nouveau drame. Cet avertissement ne sera cependant pas entendu et la malédiction perdure. Le troisième tableau s'ouvrira sur le chœur qui rappelle à Cassandre,
qu'ici comme ailleurs, aujourd'hui comme hier, les hommes continuent
d'être sourds et aveugles. Électre fait son apparition et dit
sa déconvenue : ce père tant vénéré durant son absence lui apparaît
aujourd'hui totalement différent, étrange, portant les stigmates
de la cruauté et du despotisme. Le fantôme du jeune Astyanax vient à son tour conter son sacrifice et rappelle à l'occasion
celui d'Iphigénie. Clytemnestre est saisie par ces deux destins
parallèles qui la confirment dans sa détermination funeste.
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